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|26.08.2026
Inclusion, sécurité et propreté : ces trois notions ont joué un rôle important dans la conception des toilettes de Nao Tamura à Higashi Sanchome et de Marc Newson à Urasando. Pourtant, chacun les a interprétées à sa manière. Découvre ci-dessous les coulisses de la conception de ces toilettes publiques.
Les toilettes sont des lieux où nous pouvons satisfaire des besoins corporels communs à tous les gens, quels que soient leur âge, leur identité sexuelle, leur nationalité, leur religion ou leur couleur de peau. À une époque où la prise de conscience de la diversité ne cesse de se développer, comment un espace collectif tel que les toilettes publiques peut-il évoluer pour répondre de manière adaptée à nos besoins les plus variés ?
Nao Tamura vit à New York. Là, elle a eu le privilège de voir la communauté LGBTQ+ vivre en harmonie avec son identité sexuelle. Lorsqu’elle a conçu des toilettes publiques sur un petit espace triangulaire à Shibuya, elle s’est représenté une société qui accueille la communauté LGBTQ+ avec bienveillance et lui offre un espace. Elle a réalisé que ce qui permet à chacun de vivre une expérience agréable repose finalement sur la sécurité, la sphère privée et une réponse adaptée à divers besoins. C’est donc dans cet esprit qu’elle a créé trois espaces distincts qui redéfinissent la manière de penser les toilettes publiques.
Quand elle a vu pour la première fois l’endroit où devaient se trouver les toilettes, elle a découvert un petit espace triangulaire niché au cœur de la ville. Quand elle a vu pour la première fois l’endroit où devaient se trouver les toilettes, elle a découvert un petit espace triangulaire niché au cœur de la ville.
Au Japon, offrir un cadeau dans un papier soigneusement plié est considéré comme un geste de pureté et de politesse qui exprime aussi le respect. Nao Tamura a voulu que ses toilettes soient aussi un lieu pur et accueillant dans un esprit de respect mutuel. Pour que l’espace ressemble à un origata, elle a utilisé pour les murs et le plafond de fines plaques de métal qui ressemblent à des feuilles de papier plié, tout en veillant à éviter la sensation d’épaisseur. Le rouge est une couleur qui, dans un environnement déroutant, permet de repérer clairement l’emplacement des toilettes et sert également à alerter les personnes susceptibles d’être mal à l’aise. Nao Tamura est convaincue que beaucoup de gens ressentent de la peur ou du stress lorsqu’ils utilisent des toilettes publiques la nuit ou qu’il n’y a personne à proximité. Malheureusement, les toilettes sont aussi des lieux où sont commis des crimes. La sécurité et la sphère privée sont les aspects les plus importants lorsqu’on conçoit des toilettes publiques. Nao Tamura espère que la couleur rouge empêchera les crimes impulsifs et procurera un sentiment de bien-être aux personnes qui utilisent ces toilettes.
Pour Marc Newson, THE TOKYO TOILET est un projet formidable. Il est sûr qu’ici, beaucoup de gens, Japonais et non Japonais, voudront utiliser des toilettes publiques pour la première fois. Il semblerait même que des gens viennent visiter THE TOKYO TOILET parce qu’ils s’intéressent à l’architecture et au design. Marc Newson pense que ce projet contribue non seulement à valoriser les toilettes publiques, mais qu’il joue aussi un rôle très important pour le quartier de Shibuya.
À Urasando, les conditions locales pour construire des toilettes publiques étaient complexes. La topographie est accidentée et la voie rapide de Shuto passe juste au-dessus. La nécessité de regrouper toutes les fonctions dans un espace relativement restreint, et d’utiliser cet espace pour un but limité, mais clair s’apparente en réalité aux conditions de fabrication d’un produit. La concentration d’éléments techniques sur un espace dédié à des toilettes publiques relève également du design industriel. Newson a conçu de nombreuses cabines d’avion, et d’une certaine manière, le design de toilettes publiques ressemble à celui d’une cabine d’avion.
Le toit Minoko en cuivre, référence à l’architecture japonaise traditionnelle, a beaucoup inspiré Newson qui entretient une relation étroite avec le Japon depuis des années et a participé à de nombreux projets dans ce pays. Ce toit en cuivre est l’une des techniques artisanales qu’il a souvent admirées au Japon. Il a donc utilisé ce matériau pour créer une structure qui gagnera en attractivité au fil du temps. La patine s’accentuera, et dans plusieurs années, l’endroit ressemblera à un petit monument. Le mur en pierre rappelle également l’architecture extérieure traditionnelle. Newson pense qu’avec le temps, il s’intégrera très bien au design industriel de l’intérieur lumineux, fluide et hygiénique, décliné dans les tons verts, l’une des couleurs préférées de Newson.
En ce qui concerne les matériaux extérieurs, Newson a opté pour le béton, un matériau typique au Japon. De nos jours, le béton y est utilisé de manière très ingénieuse. Dans les bâtiments urbains, il est mis à profit pour ses excellentes propriétés. Comparé à d’autres pays, c’est une caractéristique unique et idéale au Japon. La structure principale est composée de béton pour créer un espace durable qui se fond dans l’environnement, et Newson pense que ce matériau va devenir une part du paysage contemporain au Japon.
Selon lui, un projet tel que THE TOKYO TOILET ne pouvait voir le jour qu’au Japon.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
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